28 janvier 2010

Le début de la fin de notre rêve...


21 semaines et 2 jours

J'ai la tête vide, si vide... je ne sais pas comment commencer le récit de ce qui est arrivé à notre beau bonheur... Aucun mot ne semble suffisamment puissant pour rapporter fidèlement l'écroulement de nos espoirs... En même temps, tellement d'images tournent dans ma tête... une vrai cacophonie de souvenirs précis, imprécis, de sons, d'odeurs, d'émotions... Peut-être sera-t-il décousu ce récit, mais il viendra de mon coeur... mon coeur blessé, meurtri...

Le commencement de cette histoire d'horreur n'a pas lieu au moment ou je l'aurais cru tout d'abord. Il date assurément de deux jours avant, soit le 13 janvier... peut-être même que le début de toute cette histoire date du 5 janvier, on ne le saura jamais...

Ce 5 janvier j'avais mon rendez-vous mensuel avec ma gynécologue. J'en profite pour lui parler de mes craintes à propos des contractions non-douloureuses, mais très fréquentes, que j'ai à chaque jour... Elle décide donc de me faire un examen à l'aide du spéculum.

À première vue, il semble que mon col soit bien fermé de l'extérieur, mais elle n'ose pas aller voir la partie intérieure car je n'ai pas encore passé mon échographie de 20 semaines alors elle ne sait pas ou sont placés mes placentas et il semblerait que ça pourrait être dangereux de faire ouvrir le col si elle va vérifier avec ses doigts et que les placentas sont mal placés...

Mon échographie est le lendemain alors elle propose qu'on se revoit dans deux semaines. Si les placentas sont bien placés, elle vérifiera avec ses doigts, sinon elle me fera une échographie du col. À ce moment je me demande pourquoi elle ne me fait pas l'échographie tout de suite question d'en avoir le coeur net, mais d'un autre côté j'ai confiance en elle, c'est elle le médecin, elle doit savoir ce qu'elle fait... et puis elle ne semble pas inquiète puisque mon col est fermé de l'extérieur... puis tout le monde me dit que des contractions sans douleurs ce sont sûrement des Braxton-Hicks et que ces contractions ne font pas avancer le travail... plusieurs femmes enceintes en ont... à plus forte raison lors d'une grossesse de jumeaux puisque l'utérus prend de l'expansion plus rapidement... Ma gynéco me recommande tout de même de prendre ça relax... pas au point de rester couché, mais de ne pas forcer, etc... Alors, forte de toutes ces convictions je n'insiste pas pour avoir l'échographie du col tout de suite et je m'en vais, pratiquement rassurée...

Le lendemain à l'échographie de 20 semaines, tout est beau. Nos princesses sont en excellente santé, elles sont vigoureuses, pleines de vie... Les coeurs battent bien, elles sont belles comme des coeurs et grâce à l'écho 3D on commence à leur trouver des ressemblances avec leur papa et leur maman... on est fiers comme des paons et tellement émus...

Les jours suivants, je prends ça relax, je suis beaucoup sur internet car maintenant que nous sommes sûrs à 100 % que ce sont des filles, je veux trouver de beaux meubles pour votre chambre... je regarde aussi les autocollants muraux pour bébés, je me fais des dossiers pour tout ça... je suis même prête à faire venir les autocollants d'Europe... ils sont tellement beaux et je veux tout ce qu'il y a de plus beau pour vous...

Je lis à peu près tout ce qui s'écrit sur la grossesse en général et sur les grossesses de jumeaux en particulier... Je me délecte de ces moments qui vous sont en quelque sorte dédiés... J'ai la chance d'être en retrait préventif à cause de mon travail alors je peux pleinement profiter de votre présence en moi et préparer votre venue. C'est un réel plaisir, un événement que j'ai attendu si longtemps... Je sens en plus Zouk impliqué dans ma grossesse... Il est très attentif à moi, à vous... et vous le motivez tellement pour la construction du sous-sol... il le fait pour vous, pour votre arrivée parmi nous... Je le trouve tellement beau dans son amour pour nous... Mon coeur déborde en permanence d'amour pour lui...

Vers le 10 janvier, je n'ai plus de contractions depuis un jour ou deux. Je me dis que je vais en profiter pour aller voir des magasins pour vos meubles... Alors pendant deux jours je vais voir plusieurs magasins; Bébé +, Wal-Mart, Canadian Tire, Zellers, Home Sense, Jysk, Baby's r us, Déco découverte... qui sont tous dans le même coin... finalement je décide de chercher sur internet car je ne trouve rien à mon goût...

Le lendemain, toujours pas de contractions alors je vais faire l'épicerie et le surlendemain je fais du lavage et le ménage de la maison. Je fais quand même attention, je ne vais pas trop vite, j'étale ça sur la journée... Et mes contractions ne sont toujours pas revenues...

Le 13 janvier, mon amie Chantal m'apelle de la Cité de la Santé pour me dire qu'elle a accouché... Je vais donc la voir environ une heure, elle et son bébé... et je me dis que dans pas longtemps j'en aurais deux comme ça à m'occuper... ça fait peur un peu, mais j'ai tellement hâte !!!

Ce soir-là, j'ai de la difficulté à dormir... j'ai comme un mal de ventre, je pense que c'est ma cicatrice d'appendicite qui commence à s'étirer par l'intérieur car c'est dans ce coin-là que ça fait mal... J'ai mal dans le dos aussi, mais je me dis que ça doit être dû au fait que je suis presque toujours couchée dans la même position à cause de ma grosse bedaine...

Le 14 janvier, une amie que je n'avais pas vu depuis plusieurs années vient me rendre visite avec son bébé de cinq mois... elle passe l'après-midi chez nous. On est dans le salon tout le long et un moment donné on dirait que je ne sais plus comment m'asseoir, on dirait que je suis mal peu importe la position... Je chiale intérieurement contre ma grosse bedaine qui ne me permet plus de positions confortables... Quand mon amie s'en va, je fais quelques petites choses dans la maison et je vais ensuite m'étendre sur le dos, mais ça ne change rien... Je me souviens que ma cousine m'a dit que dans l'eau on se sent mieux car on ne sent plus le poids de la bedaine... alors je décide de me couler un bain... J'y reste environ 20 minutes (temps maximal suggéré par ma gynéco). Quand j'en sors, je me sens mieux.

Cette nuit-là ressemble à la précédente, on dirait que je ne trouve pas de position pour dormir...

Le lendemain matin, le 15 janvier, la mère de Zouk vient laver les planchers du sous-sol pour l'aider. Elle reste quelques heures et repart. Je me fais à manger et je retourne ensuite m'allonger, je suis fatiguée de ma nuit...

Mes maux de ventre reprennent, mais je ne peux plus vraiment croire que c'est ma cicatrice d'appendicite qui s'étire car ça s'est étendu à tout le bas-ventre... Encore une fois je me dis que c'est normal, que c'est tout simplement le poids de mes princesses qui pèse... De toutes façons c'est ce que ma gynéco m'avait répondu quand je lui avais dit que parfois j'avais mal au bas-ventre... Elle m'avait parlé du poids de deux bébés, deux placentas, beaucoup de liquide amniotique, des ligaments et de l'utérus qui s'étirent, etc...

Vers 16h00 ce n'est plus juste un mal de ventre, c'est aussi un mal de dos, un peu comme un premier jour de menstruations... Là je commence à trouver ça bizarre, surtout que j'ai l'impression que ça va et vient par vagues... Je me rapelle aussi avoir lu qu'avoir mal dans le bas du dos n'est pas un bon signe... Je décide de compter aux combien de minutes les vagues reviennent et pendant ce temps j'explique mon cas sur mon forum de jumeaux... On me suggère d'apeller à la maternité de mon hôpital. Je suis sceptique un peu, j'ai peur de les déranger pour rien... J'apelle ma mère pour avoir son opinion... Elle me suggère aussi de me rendre à l'hôpital et m'offre même de venir avec moi. Je décline la proposition. J'apelle ensuite Zouk qui est dans un 5 à 7 pour le départ d'une collègue. Je lui demande son avis. Il me suggère d'attendre un peu... Étrangement c'est ça qui me décide à me rendre à l'hôpital. Je me dis que lors de mon appendicite, de ma salmonelle et de mon campylobactère (bactérie) il avait aussi pris ça un peu à la légère et il s'était trompé. Je décide donc d'y aller pareil et il me dit de le rapeller lorsque je saurais ce qu'il en est...

J'apelle donc et leur explique le mal de ventre, de dos et le fait que ça revient aux 5-6 minutes... On me dit de venir et d'aller direct à la salle d'accouchement, que ce sont des contractions. Je les trouve ben bizarre avec leur salle d'accouchement, je m'en vais pas là pour accoucher, je suis à 21 semaines... mais je me dis que c'est sûrement là qu'ils examinent les patientes inquiètent quand il n'y a personne qui accouche... Dans ma tête, rendue là-bas ils vont sûrement me donner un petit quelque chose pour arrêter les contractions et me garder en observation pour la nuit et hop! demain je serais de retour chez moi, peut-être au repos ou allitée jusqu'à la fin de ma grossesse...

Je prends une douche avant de partir. Je sors Némo (notre bouvier bernois) et ensuite je pars. Je ne suis pas stressée, je suis stupidement confiante que tout va bien aller...

Arrivée là-bas, je stationne et entre par la maternité, là même ou je suis allée voir Chantal il y a trois jours... Je cherche une indication pour la salle d'accouchement, mais je n'en vois pas... Une dame qui s'apprête à prendre l'ascenceur me demande ce que je cherche. Je le lui dis et elle me répond que c'est au premier, de venir avec elle. Dans l'ascenceur elle me demande si c'est pour ce soir. Je lui réponds que non, qu'en-tout-cas j'espère que non, que je n'en suis qu'à 21 semaines, que je viens pour des contractions... Cette dame me dit que j'ai bien fais de venir, qu'ils vont me rassurer et elle m'indique le chemin.

Je me rends donc au poste des infirmières ou je leur dis que j'ai apellé et qu'ils m'ont dit de venir. On me demande mes cartes, je les donne, mais ma carte d'hôpital n'est plus à jour, c'est l'adresse de l'appart qui est dessus. On m'en fait donc faire une autre au téléphone, ce qui prend à peu près cinq minutes... Je reviens ensuite dans le couloir devant le poste des infirmières ou j'attends que mon infirmière revienne... Je regarde un futur papa qui se promène de long en large dans le couloir... sa femme est sous monitoring dans la salle d'à côté et il semble inquiet... il a dû venir vite lui aussi car il porte toujours son habit-cravate.

Je commence à me demander ce que j'attends debout dans ce corridor quand une infirmière s'arrête devant moi et me demande ce qu'il y a. Je lui explique et elle me prend en charge. Elle me donne un lit dans ce qui doit être la salle d'évaluation (il y a 4 lits). J'attends, toute habillée jusqu'à ce qu'elle revienne avec une jaquette d'hôpital et un drap... Je commence à moins aimer ça, je ne m'attendais pas à ça... elle me dit qu'on fera sûrement un prélèvement (un prélèvement de quoi ? elle ne me le dit pas, je suppose de sang...) elle me demande si j'ai envie d'uriner, je lui dis non. Elle ferme le rideau pour isoler mon lit et me demande de me changer... Ensuite je reste seule à regarder par la fenêtre et je suis soulagée d'être seule, car je ne sais pas si j'aurais été capable de gérer le stress d'une autre personne en plus du mien qui commence à monter...

Mon infirmière revient au bout de 5-10 minutes pour prendre ma pression et me faire une prise de sang. Elle me redemande ensuite si j'ai envie d'uriner. Je lui réponds que j'ai toujours un peu envie (si ça peut lui faire plaisir...). Elle me donne donc un petit pot pour aller faire mon fameux prélèvement.

Je reviens ensuite à mon lit. Elle me met le moniteur autour de la taille pour voir la fréquence des contractions et on écoute les coeurs des bébés. Les coeurs sont tout à fait normaux, ils battent bien fort et c'est une belle musique à mon oreille...

Elle repart. Quand elle revient elle est très étonnée (je le vois et ça m'inquiète) de voir la quantité de contractions que j'ai eu en si peu de temps... Je suis aux 2-3 minutes... Elle va vite chercher la Dr. Thériault qui est de garde ce soir-là et en attendant me demande si je veux téléphoner à mon conjoint. Je lui dis qu'il est au travail (ça ne me tente pas d'expliquer le 5 à 7) et elle me répond qu'il vaudrait tout de même mieux qu'il vienne... Je l'ai donc apellé et demandé de venir me rejoindre... J'ai senti la panique dans sa voix quand il m'a demandé : ''Qu'est-ce qu'il y a ?, qu'est-ce qu'il se passe ?'' Je lui ai répondu en pleurant que je ne savais pas mais que ce n'était pas bien, de s'en venir...

La Dr. Thériault arrive et examine le moniteur. Elle est vite inquiète. Elle va chercher une deuxième infirmière avec une lampe de poche et un spéculum. Je commence à stresser encore plus, mais jamais au point d'imaginer accoucher, je ne suis qu'à 21 semaines...

La Dr. Thériault me fait donc un examen au spéculum alors que l'infirmière tient la lampe de poche. Un coup que c'est fait, la Dr. s'asseoit sur mon lit et met une main sur ma cuisse et avec un regard très triste m'informe que : ''Ce ne sont pas de bonnes nouvelles''... Elle voit mon regard affolé mais doit continuer... ''Ton col est ouvert à 1 et je crois voir les membranes bomber en dehors du col... Il faudrait que les contractions arrêtent, mais il n'y a rien que je puisse te donner au stade ou tu es rendue... On va te transférer de chambre et je vais revenir voir dans une heure ou deux si ça a bougé... si oui on n'aura pas le choix, tu vas devoir accoucher..."

Voilà, c'était fait, elle l'avait dit... J'ai senti mon coeur dégringoler dans ma poitrine et exploser en mille petits morceaux et j'ai crié: '' Non !!!'' avant de me mettre à pleurer à en perdre le souffle... J'avais mal, tellement mal et je ne cessais de répéter à travers mes larmes : '' Non, non, non, peut pas, on peut PAS, c'est une fécondation in-vitro, je peux PAS les perdre, non...''

Mon discours était complètement décousu et je m'étouffais dans mes larmes... Je n'ai pas vraiment les mots pour exprimer ce que je ressentais à ce moment... Le désespoir, l'impuissance, le désarroi, la terreur, la douleur, la peine... Mes bébés, mes bébés si bien au chaud dans mon ventre... mes bébés espoir... elles sont bien trop petites pour découvrir le monde maintenant, elles ont besoin du confort de leur maman et de tout ce qu'elle peut leur donner...

Depuis que je sais qu'elles sont en moi que j'en prends soin comme de la prunelle de mes yeux... Elles ont leur place dans mon ventre, elles sont au chaud, berçées par mes mouvements... Je ne les sens pas bouger comme tel, mais lorsqu'elles collent leurs petites têtes sur la paroi de mon ventre je peux flatter leurs petits cocos... Je leur parle tous les jours, les imagine, imagine notre vie avec elles... Même si je ne les sens pas bouger, elles ont leur façon bien à elles de me faire sentir qu'elles sont là... elles s'assoient généreusement sur ma vessie pour me signifier leur présence... aussi lorsque je me penche pour ramasser quelque chose par exemple, je sens leurs petites têtes de chaque côté de mon nombril qui m'empêchent d'aller plus loin... quand je me couche, peu importe la position, je sens leur poids... Par les contractions non-douloureuses aussi elles me rapellent leur présence...

Je ne veux pas accoucher, je ne peux pas croire qu'après tout ce que la science a fait pour nous, il n'y a rien à faire pour garder mes princesses dans mon ventre... c'est impossible, il y a toujours une solution, quelque chose qu'on peut essayer, un peu d'espoir... Je les trouve lâches tous ces médecins et infirmières qui me disent ne rien pouvoir faire... ils ne comprennent pas ce qu'on a dû traverser pour que je puisse porter mes puces... Je suis en colère, faites quelque chose pour mes bébés, je suis prête à tout, absolument tout pour les garder au chaud en moi... Proposez-moi quelque chose, je ne vous crois pas qu'il n'y a rien à faire, je ne peux pas rester ainsi à attendre, c'est horrible...

Pendant ce temps, on roule ma civière dans une chambre privée et on me transfère sur un lit. Je suis toujours en larmes, presque hystérique... L'infirmière me demande ou est mon conjoint, je lui réponds qu'il partait de Repentigny, qu'il devrait être là bientôt. Je le rapelle, il est sur la 25. Il semble pleurer... J'apelle ma mère...

Pendant ce temps la Dr. Thériault vient me voir pour me dire qu'ils vont me brancher un soluté, que parfois l'hydratation aide à ralentir et même à arrêter les contractions. Je suis stupidement folle de joie, enfin une lueur d'espoir...

Ma mère arrive, me serre dans ses bras, reste près de moi. Sa présence me fait du bien, comme si elle, elle aurait LA solution pour faire cesser les contractions... c'est un réflexe je crois de croire que notre mère peut toujours tout arranger...

Enfin, voilà mon amour qui arrive !!! Il entre dans la chambre tel un ouragan. Il a l'air paniqué et on voit bien qu'il a pleuré... Il vient immédiatement me prendre dans ses bras et enfouir sa tête dans mon cou ou il pleure...

À ce moment précis, il me semble que j'ai tellement d'amour à lui donner... je voudrais tant le protéger de la douleur... Je refuse qu'il soit si malheureux... il était si beau depuis que je suis enceinte, il avait l'éclat du futur papa, un éclat de fierté, un instinct de protection, de l'amour à profusion... Sa douleur me fait si mal, je voudrais la prendre et l'ajouter à la mienne pour qu'il puisse ne plus souffrir... Je me sens si impuissante... mon corps me trahit et il veut rejeter les enfants dont mon amour est si fier... les enfants qu'on a fait avec tellement d'amour... ceux pour qui il a travaillé si fort...

Ma douleur pour mon amour est si forte combinée à la mienne que je ne sais plus quoi faire de toutes ces émotions... je me sens complètement démunie...

Ma mère est à ma gauche, elle me regarde avec tellement d'amour et de tristesse... Mon amour lui est toujours dans mes bras avec sa tête dans mon cou... Ma mère nous trouve beaux, nous trouve forts... nous sommes unis dans la douleur...

Je sais aussi combien ma mère doit avoir de la peine, elle va perdre ses petites-filles tant attendues, sa fille a une peine immense... Alors j'essaie de lui sourire un peu pour lui montrer que ça va aller... j'ai besoin d'elle, mais je sais qu'elle est fragile et que ce seront de grandes émotions... J'ai peur qu'elle s'effondre même si pour le moment elle paraît si solide...

La Dr. Thériault repasse pour expliquer ce qui se passe à mon amour qui est dévasté... Ma mère demande s'il n'y a pas quelque chose à faire pour faire cesser les contractions; piqûre, pilulles, n'importe quoi... il semblerait que non. Je demande un cerclage du col, mais la dr. me dit que pour ça il ne faut pas avoir de contractions ni de membranes bombantes sinon on peut empirer les choses... On est tous attérés...

La Dr. Thériault décide de me refaire un examen pour voir si le col continue de s'ouvrir. Il semblerait qu'il soit toujours à 1. Elle prend donc la décision de me donner de la morphine pour dormir, mais aussi parce que ça relaxe les muscles et que ça pourrait peut-être relaxer le muscle de l'utérus et réduire ou arrêter les contractions si on est chanceux... À ce moment je me demande vraiment pourquoi ça a pris tant de temps avant qu'ils ne pensent à ça... On nous informe même que le hasard peut bien faire les choses et que les contractions pourraient peut-être arrêter toutes seules, auquel cas ils pourraient essayer de me rendre jusqu'à 24 semaines ou ils peuvent tenter de sauver les bébés, mais avec des risques de graves séquelles...

L'espoir renaît un peu en moi, je me dis que j'ai pas mal toujours très bien réagi aux médicaments et que ça devrait être la même chose cette fois-ci, que mon utérus va relaxer et que mes contractions vont se calmer. Je demande au Dr. si je me couche du côté gauche si ça peut aider (j'ai lu ça quelque part). Elle me dit qu'on peut essayer... Je ne la sens pas très optimiste, mais je serais bien prête à me tenir sur les mains toute la nuit si ça pouvait sauver mes filles... Je me sens si impuissante face à mes bébés, je voudrais tellement faire plus pour elles...

Ma mère me demande si ça me dérange si elle part maintenant, qu'elle reviendrait plus tard. Je lui demande de s'occuper de Némo... je crois qu'elle a besoin d'aller partager ses émotions avec mon père et qu'elle ne veut pas trop pleurer devant moi... Elle part... Mon amour embarque dans le lit et on se colle le plus qu'on peut alors que je suis couchée sur le côté gauche. On se serre fort, on pleure... J'essaie de le consoler par des caresses, des baisers... je me sens si proche de lui...

Chaque contractions qui passent, je retiens mon souffle et je ne dis rien, c'est tout à fait endurable, on dirait de grosses crampes de menstruations... Je ne veux pas en parler à mon amour pour ne pas le décourager... des fois il s'en rend compte et me demande si j'ai mal... je fais comme s'il n'y avait rien là et je change de sujet...

Ma mère reviet, je n'ai pas encore reçu ma morphine. J'ai envie mais je ne peux pas me lever... Je sonne l'infirmière pour avoir la bassine. Elle vient me l'installer en me disant qu'avec la quantité de soluté qu'ils m'injectent, j'ai bien raison d'avoir envie... Je suis donc assise sur la bassine dans le lit (assise-couchée) et je fais mes petits besoins sous la couverture pendant que ma mère et mon amour regardent ailleurs. L'infirmière sort. Moi je m'en fou pas mal, ma pudeur est bien le dernier de mes souçis à ce moment-ci... C'est mon amour qui m'amène le papier de toilette que l'infirmière a oublié (???) et ensuite je re-sonne l'infirmière. Mon amour voit ou elle dépose la bassine après l'avoir vidée alors c'est la dernière fois que j'apelle l'infirmière pour ça, je préfère qu'on reste entre nous, Zouk devient mon infirmier...

J'ai chaud, tellement chaud, je demande à regret à mon amour de débarquer du lit. Il s'installe sur une chaise berçante et colle sa tête sur mon ventre, les yeux fermés... on dirait qu'il dort, mais je ne sais pas si c'est le cas... Je parle avec ma mère, on se dit de belles choses en se tenant la main. Je la sens triste, émue...

Finalement on vient me donner ma piqûre de morphine. Ma mère se prépare à repartir, je lui demande de prendre Némo chez eux. Je sais qu'elle n'a pas besoin de ça en plus, mais je ne sais pas combien de temps je serais à l'hôpital et je ne peux supporter l'idée qu'il soit seul et abandonné. Je me sens coupable de cette demande, mais je n'ai personne d'autre à qui le demander...

Une gentille infirmière vient proposer une civière à mon homme pour passer la nuit près de moi... Elle nous installe ça, colle mon lit et la civière... Mon amour est brûlé et meurtri, il me ramène la bassine et ensuite on se couche dans l'espoir que le repos calme mes contractions...

L'infirmière vient fermer la grosse lumière et veut aussi fermer la petite. Je refuse catégoriquement. Elle voit que malgré la morphine je suis encore très réveillée... elle vient s'asseoir sur le bord du lit et me dit de ne pas lutter contre la morphine, de me laisser aller, qu'une nuit de repos peut aider... et elle m'offre à nouveau de fermer la petite lumière. Deuxième refus. Elle me demande doucement pourquoi. Je lui dis que tant que je ne suis pas endormie, on est toujours au moment présent et qu'au moment présent mes deux amours sont toujours dans mon ventre. Que si on ferme la lumière, ça va être plus facile de m'endormir et que j'ai peur de me réveiller demain matin et que la situation ait complètement dégénérée... Suivre l'évolution de mes contractions me permet de m'imaginer avoir un tout petit peu de contrôle sur la situation... Elle me fait un petit sourire triste et s'en va en me laissant la lumière...

Commence une longue nuit de déni, de terreur, de pleurs, de douleur... La morphine m'a rendue ''groggy'', j'avais les yeux fermés, mais je ne dormais pas... toute la nuit j'ai combattu la morphine pour prier et promettre tout ce que je pouvais imaginer promettre... Au bout d'un certain temps j'avais l'impression que la fréquence des contractions avaient diminuées... j'ai donc réveillé mon amour et on a compté ensemble... Moi je jurais que j'étais aux 10-15 minutes, mais probablement qu'avec la morphine j'avais de petits épisodes de sommeil qui me faisaient sembler l'écart entre les contractions plus long qu'ils ne l'étaient réellement car avec mon homme nous avons calculé des contractions aux 4-5 minutes... Tout de même, nous étions encouragés, c'était tout de même mieux qu'aux 2-3 minutes...

J'ai donc sonné pour ravoir de la morphine. L'infirmière me dit qu'elle ne peut m'en donner qu'aux trois heures et que ça fait seulement deux heures et quart qu'elle m'en a donné. Elle dit qu'elle peut revenir dans 45 minutes si je veux. Si je veux ??? J'ai l'impression que c'est la solution miracle... Elle revient donc 45 minutes plus tard pour une deuxième injection. J'ai l'impression d'avoir trouvé la solution, d'avoir pris les choses en main...

Par contre, si les contractions sont plus distanciées, elles sont aussi un peu plus douloureuses... je retiens mon souffle quand elles arrivent et respire quand elles repartent... Elles me font très peu mal au ventre, mais beaucoup dans le bas du dos... Il me semble que ça me ferait du bien si quelqu'un me faisait des points de pression dans le bas du dos... Mais je ne veux pas réveiller mon homme qui semble en paix dans son sommeil et en plus, lui demander de me masser le bas du dos ne me permettrait plus de nier que ce sont bel et bien des contractions que je ressens... car je refuse de croire que c'est ça, je crois dur comme fer que la morphine a arrangé les choses... ce sont simplement des petites douleurs d'inconfort dûes au lit inconfortable qui vont passer... J'y crois, je me convaincs très fort, ce qui m'aide, je crois à ne pas sentir l'intensité de la douleur. De tout mon coeur, de tout mon corps, de toute mon âme, j'ai refusé de croire à ces contractions... Je n'ai pas réussi à les arrêter, mais j'ai réussi à les oublier...

Troisième injection de morphine trois heures plus tard et retour sur la bassine...

Au petit matin, une nouvelle infirmière vient se présenter. Je me sens optimiste ce matin et mon homme aussi. Je suis pas mal certaine que la morphine, le soluté, la position sur le côté, le repos et la prière ont dû donner de bons résultats... En plus, l'infirmière m'offre de déjeuner... Je suis contente, je me dis que c'est bon signe, il me semble avoir lu que lorsque tu dois accoucher tu n'as pas le droit de manger... Mon homme prend un café. L'infirmière lui retire sa civière et il doit retourner dans la chaise berçante.

Lorsque le déjeuner est débarassé, l'infirmière décide de mettre le moniteur pour suivre les contractions. Elle repart et nous laisse, mon amour et moi, constater que non seulement mes contractions sont fréquentes, mais qu'elles augmentent en intensité. Je ne peux plus vraiment cacher la douleur, je serre la main de mon amour à chacune d'elles et entre chacune je lui souris pour lui montrer que ça fait mal le temps que ça dure, mais qu'entre deux, tout va bien...

J'ai quand même encore espoir qu'un miracle arrive, il me semble que ça ne peut tellement pas nous arriver à nous... je suis étrangement fascinée par le moniteur qui détecte si bien mon corps...

L'infirmière revient pour écouter les coeurs des bébés qui battent tous les deux super bien... Le son de leur coeur me fait penser à une musique joyeuse... je suis émue de les entendre encore si vigoureux et j'ai le coeur brisé de penser que c'est moi qui mettrai fin à cette belle musique...

Elle nous informe que le Dr.Bielinski viendra m'examiner dans quelques minutes... Le médecin que je déteste le plus... il fallait bien que ce soit lui qui soit de garde aujourd'hui...

Quand il arrive, il regarde le moniteur vite, vite, prends connaissance que les coeurs battent et me demande si je les sens bouger... Quand je lui dis que je ne les ais jamais senti bouger, il semble bien surpris. Finalement il vérifie l'ouverture de mon col avec son doigt (sans lubrifiant comme à son habitude), le ressort et en enlevant son gant me dit: '' Malheureusement ma petite fille vous allez accoucher aujourd'hui... très bientôt... à vrai dire, dans 5-10 minutes... vous êtes ouverte à 9. Vous êtes au courant qu'à ce stade nous ne pouvons pas les sauver... et qu'il est trop tard pour l'épidurale (dont je ne voulais pas de toutes façons). Je vais simplement me changer et je reviens''.

Je n'y comprends rien du tout, on dirait quaisiment une blague, j'aurais ouvert de 1 à 9 pendant la nuit sans le sentir ? Mais ce n'est pas une blague, cette fois, c'est vrai, il n'y a plus aucun espoir pour mes puces... nos bébés miracles vont s'envoler... J'ai apellé ma mère et lui ait dit que j'étais à 9. Mon amour a aussi apellé sa mère...

Il était effondré, désemparé... quelques minutes plus tard, mes eaux ont rompues... dans un grand bruit, comme un coup de canon... et on a entendu l'eau se déverser un bon moment...

Nous pleurions tous les deux sachant qu'il n'y avait absolument plus aucun espoir de sauver nos belles princesses... que malgré moi, malgré nous, elles s'en allaient...

À partir de ce moment, j'ai complètement perdu mon amour, il était ailleurs, dans sa bulle de douleur, je crois qu'il était dans ce qu'on apelle un état de choc...

Et c'est aussi à partir de ce moment que j'ai de la difficulté à avoir des souvenirs précis... Je me souviens d'avoir senti un grand vide quand les eaux ont crevées, une sorte de paralysie, de tétanie... Je ne me souviens pas qui de moi ou mon amour avons sonné l'infirmière... Je crois qu'elle est venue changer les piqués qui étaient sous moi et qui étaient inondés... j'étais dans l'eau des pieds jusqu'au haut du dos... mais je ne sentais rien...

Je crois que ma mère est arrivée à peu près à ce moment là et que j'ai demandé à mon homme de rapeller sa mère pour savoir si elle arrivait bientôt. À ce moment je crois que je ne pense plus vraiment... je me laisse guider par mon instinct et j'ai vraiment l'impression qu'en plus de mon homme, les deux grands-mères doivent être là, je sens que c'est important, c'est comme ça, je ne sais pas pourquoi...

J'ai l'impression qu'après avoir crevé les eaux, j'ai eu un répit de contractions d'une dizaine de minutes... enfin c'est l'impression que j'ai eu... Entre-temps, la mère de mon homme est arrivée. Elle tente de le soutenir de son mieux, mais il est tellement démoli... Il est assis dans la chaise berçante, recroquevillé sur lui-même... je ne vois pas ses yeux, mais je les imagine vide... on se tient la main, mais la sienne est molle...

L'infirmière revient, je lui demande si elle peut me donner un petit quelque chose pour la douleur... ce n'est pas que j'ai si mal mais j'ai peur que ça aille en augmentant alors je veux prévenir un peu, surtout que j'ai lu que ce qu'ils donnaient comme médicaments lorsqu'on n'avait pas l'épidurale, ne faisait pas un grand effet... Elle me propose du Fentanyl en me disant que ça va réduire un peu la douleur et que je vais dormir entre les contractions... Finalement à part de m'étourdir, ça n'a rien fait du tout...

Deuxième contraction après la rupture de la poche des eaux... ouf ! elle est plus forte celle-là... mais surtout plus longue... je retiens mon souffle aussi longtemps que je peux... j'ai l'impression que mon dos va s'ouvrir en deux, mais je ne veux pas changer de position pour me faire masser, quand je bouge ça fait encore plus mal... Quand je ne peux plus retenir ma respiration, je me mets à respirer en petit chien avec ma mère qui m'encourage. Je lui broie la main tellement je la serre fort... je suis très concentrée car je ne veux pas que la douleur prenne le contrôle sur moi et que je cède à la panique. Je sais que ça ne donnerait rien, j'ai assez lu sur le sujet pour savoir qu'à ce stade ils ne peuvent me donner que du fentanyl... Ce que j'apprends par contre c'est qu'ils ne peuvent en donner qu'aux heures... je me dis que ça ne prendra même pas une heure accoucher, je trouve ça idiot...

Une autre contraction plus longue et douloureuse celle-là... Je broie toujours la main de ma mère et de mon homme, mais celle de mon homme est toute molle... Je ne le vois pas, je ne sais pas comment il réagit, mais j'ai l'impression qu'il ne va pas bien... Je voudrais le rassurer, lui dire que je sens que tout va bien aller... je tente un sourire pour lui montrer que ce n'est pas si souffrant, mais je crois qu'il ne le voit même pas...

Bon, l'infirmière arrive et installe un autre piqué sous moi. Elle met aussi des piqués sur la table à déjeuner et des instruments... Elle demande ensuite à ma mère et à ma belle-mère de me servir d'étrier... J'écarte donc les jambes et chacune d'elles en tient une... L'infirmière me dit qu'à la prochaine contraction je peux pousser, qu'on n'attendra pas le dr. Bielinski, qu'il s'en vient et que de toutes façons elles (les infirmières) sont habituées de faire ça. Je lui dis que je préfère de toutes façons que ce soit elle qui m'accouche... ma mère semble me trouver comique... L'infirmière me dit que l'accouchement ne sera pas très long car la tête est déja engagée dans le vagin...

Prochaine contraction, outch !!! Elle fait vraiment mal celle-là, je gémis et fais le petit chien, mais je n'arrive pas à pousser sur cette douleur !!! Quand elle diminue, là je pousse de toutes mes forces, mais sans retenir ma respiration... c'est ma belle-mère je crois qui me dis de retenir mon souffle... Bon, ça n'a pas fonctionné, on attend la prochaine. Dès qu'elle se pointe, je pousse autant que je peux en broyant les mains de ma mère et de mon amour. Ça y est, je sens la tête... mais je ne veux pas pousser très fort parce que j'ai peur de faire mes besoins devant l'infirmière... alors la tête rentre...

J'essaie de faire lever mon amour pour qu'il puisse au moins voir Pénéloppe sortir... je ne me souviens pas si je réussis, mais il me semble que sa mère essaie de le faire lever aussi...

Finalement, la contraction suivante je pousse à fond, l'infirmière me félicite, me dit que je pousse bien... je sens un brûlement qui me fait pousser un petit cri, ça y est, la tête est sortie. Je pousse à nouveau, on dirait que je ne me souviens pas que mes bébés ne survivront pas à leur naissance... j'ai hâte de voir Pénéloppe... et voilà, 10h54 am, notre fille aînée fait son entrée dans notre vie...

Quelqu'un coupe le cordon, je ne sais pas qui, ce doit être le médecin... on emmaillotte Pénéloppe dans une petite couverture que je trouve raide et rêche. Je n'aime pas ça... elle mérite une belle petite couverture rose toute douce et chaude... j'ai de la peine... On me la montre pendant que je commence une autre contraction. Bielinski crève la deuxième poche des eaux et je pousse... à nouveau le brûlement et un grognement de ma part et les fesses passent... eh oui, elle sort par le siège... Je pousse de toutes mes forces et voilà, c'est fait, 10h56 Élyzabeth vient nous rejoindre elle aussi... Son cordon est coupé, elle est un peu nettoyée et elle va elle aussi dans une petite couverture rêche...

On me les montre, mais l'infirmière n'arrête pas de vérifier leurs coeurs avec son sthétoscope... Je n'en comprends pas du tout l'importance puisque nous savons tous qu'elles ne seront que de passage dans notre vie... Laissez-les moi, je veux profiter de leur présence, de leurs mouvements, si délicats soient-ils...

Je ne sais pas comment ça se fait, mais un moment donné elles se retrouvent ensemble dans une seule couverture, je me sens déjà mieux, ça me réconforte de les voir ensemble... Mais l'infirmière n'a pas fini de jouer du stéthoscope... il me semble que c'est tellement long avant qu'elle s'en aille enfin et qu'elle me laisse en paix...

Pendant que tout ceci se passe, Bielinski est toujours entre mes jambes pour faire je ne sais quoi jusqu'à ce qu'il demande combien il y avait de placentas. En choeur, mon homme et moi disons ''deux''. Une chance qu'il a pensé à le demander car l'infirmière n'avait pas pensé à cette possibilité... Il va donc chercher le deuxième placenta mais je ne sens absolument rien... En même temps l'infirmière me fait tout plein de manoeuvres sur le ventre pour s'assurer que tout est bien sorti et que je ne ferais pas de caillots, d'infections ou je ne sais trop quoi...

Finalement j'ai la paix avec mes bébés, mais je ne veux pas qu'elles restent dans la couverture, je les veux contre ma peau, comme ça devrait être... Je demande à Philou, ma mère et ma belle-mère si je peux (quelle drôle d'idée de demander la permission, je dois être encore bien droguée...). Tout le monde est pas sûr alors ils rapellent l'infirmière. Elle dit oui bien sûr et les sors de la couverture, mais avant de me les donner, elle joue encore du stéthoscope... grrrr.... j'ai envie de sauter dessus, pas moyen d'avoir la paix... je vois mes bébés bouger faiblement et je veux profiter de leur étincelle de vie...

Finalement elle me les installe toutes les deux sur la poitrine, une face à l'autre et les recouvre de ma chemise d'hôpital jusqu'aux épaules et s'en va enfin. Je demande à mon amour de prendre des photos, j'ai si peur de ne pas avoir de souvenirs d'elles... Je me sens mieux, là les choses sont comme elles doivent être, mes bébés sont au chaud contre mon corps, elles sont ensemble, je peux les embrasser, les toucher, les pleurer... Et je pleure... Je ne me souviens pas du tout si les autres pleurent aussi, mais moi, de les avoir contre moi, de les voir si parfaites, de savoir que leurs coeurs battaient encore dix minutes avant, de voir mes enfants mourir doucement et ne pouvoir rien faire du tout... ça me tue... Je pleure jusqu'au bout de mon souffle, de ma douleur, de mon enfer... Je pleure devant leur fragilité, devant mon impuissance, devant la douleur de mon amour... Je pleure notre rêve de famille heureuse, je pleure car je sais que jamais plus je ne les reverrai, je pleure tout ce que je ne pourrai leur donner, je pleure mon ventre vide, je pleure de ne jamais avoir senti leurs mouvements, je pleure de ne pouvoir les protéger, les cajoler, les gâter, je pleure de ne pouvoir les voir grandir... À tout jamais elles partent avec une partie de mon coeur... J'ai mal, tellement mal, je ne vois pas comment cette douleur pourrait se calmer un jour...

Je suis maintenant une maman, mais une maman qui doit laisser ses enfants s'envoler ailleurs... sans que je ne puisse les accompagner pour les protéter et prendre soin d'elles... J'espère de tout coeur que ma grand-maman en haut prendra bien soin d'elles en attendant que moi ou mon amour arrivions...

12h10, nos anges se sont envolés... Je prends la décision de les laisser partir et les remets à l'infirmière...

Nos mamans s'en vont pour nous laisser seuls et je retrouve un peu mon amour... On m'offre de me faire une toilette alors je vais à la salle de bain avec une infirmière qui me propose deux options; prendre une douche ou me faire laver par elle, assise sur un tabouret... je suis trop vide à l'intérieur pour voir l'intérêt d'une douche... j'en m'en fou tellement d'être propre ou non... Je choisis donc le tabouret... elle me lave doucement avec une débarbouillette chaud le dos, les jambes, les pieds... mais pour la toilette intime je le fais seule. Elle me donne ensuite une grande serviette sanitaire et un piqué pour me faire comme une grosse couche. C'est chic comme c'est pas possible mais je m'en fou tellement...

Pendant ma toilette d'autres infirmières ont changé les draps, les piqués, etc. Mon lit est tout propre. On m'amène à manger et on amène un café à mon amour. Après avoir mangé légèrement je vais faire mon premier pipi à la toilette, les infirmières sont contentes (mais je ne sais pas pourquoi...)

Ensuite ce sont les procédures administratives. Mes parents arrivent à ce moment... mon père a l'air si triste... Il faut donner les informations pour les avis de naissance, les avis de décès, les dispositions pour les corps, etc...

Pour disposer de nos bébés nous avons deux choix : soit laisser l'hôpital s'en charger (et ils ne veulent pas nous dire ce qu'ils en font alors n'en est pas question) ou alors s'en occuper nous-mêmes, ce qui occasionnera des frais. Je demande à mon amour ce qu'il veut... il dit qu'il prendrait l'hôpital (je pense qu'il ne veut tout simplement pas que tout ça s'étire éternellement), mais il me dit de choisir ce qui me fera du bien. À vrai dire ce qui me ferait du bien serait d'avoir leur urne à la maison, mais mon amour n'est pas à l'aise avec ça... je respecte ça. Je veux un endroit ou je pourrais aller me receuillir ou leur parler. Je préfèrerais que ce soit à l'extérieur plutôt que dans un colombarium que je trouve trop impersonnel. Mes parents nous proposent de prendre la place restante sur leur terrain au cimetière Saint-François-D'Assise. Elles seraient donc avec leurs deux arrières grands-pères en attendant que leur arrière grand-mère arrive...

C'est une solution qui me soulage beaucoup et mon amour est d'accord. De plus, l'urne restera chez mes parents jusqu'au printemps, au moment de l'enterrer... Ce sont aussi mes parents qui font les démarches auprès du salon funéraire, choisissent l'urne et assument les frais... Je leur en serai toujours reconnaissante de faire ça pour nous car nous sommes complètement dépassés par tout ça...

Avant qu'ils ne repartent, l'infirmière me propose de voir une dernière fois nos bébés. Je demande si elles sont encore belles, je veux garder un beau souvenir d'elles... Elle va voir et met dit que oui, elles n'ont pas changées... Je demande donc à les revoir même si pas mal tout le monde dans la chambre semble contre... Je veux les montrer à mon père, je suis si fière d'elles, je les trouve si belles... Mais mon père ne veut pas les voir... ça me fait de la peine... ma mère le voit et dit quelque chose à mon père qui le décide à rester. Je suis contente car même si elles sont déja en chemin pour le paradis des bébés, mon coeur de maman déborde de fierté pour mes filles...

On me les ramène et c'est instantanné, les larmes repartent jusqu'à m'étouffer, je ne peux m'empêcher de gémir de douleur... ça fait tellement mal, je les aimes tellement, je ne peux pas supporter qu'elles partent pour toujours... amputez-moi un bras, une jambe, mais ne m'enlevez pas mes bébés... Je m'étouffe dans mes pleurs, je suis à bout de souffle, limite hystérique... je ne veux plus m'en séparer... je ne peux pas, je ne peux pas... Mes beautées, elles sont si parfaites, pourquoi mon stupide corps m'a trahi ? Elles ne demandaient qu'à vivre mes filles... Je leur répète que je les aime à travers mes larmes, je les nomme, je voudrais leur dire tout mon amour, mais tout se bouscule dans ma tête, je n'arrive plus à réfléchir, on dirait que je ne suis plus aux commandes de moi-même...

Mon père semble tétanisé par ma douleur, il me flatte et regarde mes bébés... Au bout d'un certain temps je me calme et j'accepte de redonner Pénéloppe et Élyzabeth à l'infirmière qui va dans une autre pièce pour les remettre dans leur petite ''boîte''... ça me brise le coeur...

Finalement mes parents repartent et vont vider la chambre des filles comme je leur ai demandé parce que je ne serais pas capable de revenir chez nous si tout le stock de bébé est là... Ils prennent tout; couchettes, poussette, sièges d'auto, bain, jouets, toutous, vêtements, doudous, vitamines pré-natales, livres de grossesse, etc... Ça me soulage car je sais que si tout reste là je ferais de cette pièce un sanctuaire et je ne crois pas que ce serait bien pour moi...

Ils ramènent aussi notre petit Némo puisqu'on revient ce soir...

Pendant ce temps, à l'hôpital, les infirmières nous suggèrent de faire une sieste, on ne pourra sortir que vers 17h. Je demande à mon amour de me passer le téléphone, je veux apeller Chantal... je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas grand-chose à dire, mais encore une fois j'écoute mon instinct, ça me semble important qu'elle le sache...

Changement de shift, c'est l'infirmière super gentille d'hier qui vient prendre de nos nouvelles et pleurer avec nous... elle me dit qu'elle a été voir nos filles et qu'elles sont très belles... Elle me dit que le personnel est très touché par notre histoire et que même la dr. Thériault a apellé pour prendre de mes nouvelles alors qu'elle ne travaillait même pas aujourd'hui...

Ensuite mon amour et moi faisons la sieste, bien collés dans mon lit alors que l'infirmière rentre fréquemment pour poser des questions afin de remplir tous ses papiers, nous demander si on aimerait rencontrer un psy, nous présenter les groupes de soutien pour les parents endeuillés, nous demander si on veut les photos qu'ils ont pris des bébés, nous remettre les petites tuques qu'ils leur ont mis pour les photos, nous remettre leurs petits cahiers de naissance avec leurs noms, leurs poids, leurs tailles, l'heure de leurs naissance, leurs petites empreintes de pieds, leur bracelet d'hôpital (qu'elles ont porté autour de la taille), etc...

Finalement elle nous laisse somnoler en paix, on est dans les bras l'un de l'autre... Lorsque mon amour se réveille, il commence à avoir hâte de partir et moi aussi... Il va chercher l'infirmière pour savoir si tout est ok, si on peut partir... Elle vient me voir me demande si je veux partir, je dis que oui, elle regarde si tous les papiers sont en ordre, je peux partir...

Je m'habille, on ramasse ma sacoche, les papiers et surtout les petites tuques de Pénéloppe et Élyzabeth... Je pleure sans arrêt... au sortir de la chambre, l'infirmière est là, elle me prend dans ses bras... Je lui dis qu'on se revoit dans un an en essayant d'être positive... Je pleure, je pleure, je pleure, elle veut que je prenne une chaise roulante, je refuse, elle insiste, je refuse à nouveau. Alors mon homme me prends par la taille et nous partons en marchant lentement dans le long couloir silencieux... En passant devant le poste de garde, je vois les infirmiers (ères), les larmes aux yeux qui nous regardent passer avec les petites tuques de nos bébés collées sur notre coeur... Je ne suis pas capable de les regarder, de toutes façons je ne vois plus rien...

On prend l'ascenceur pour redescendre au rez-de-chaussée et mon homme va chercher l'auto pendant que je l'attends. Je pleure toujours et de plus en plus fort... je me fais regarder alors je me mets dos à la salle d'attente, appuyée sur une colonne et je pleure à gros sanglots dans les tuques minuscules jusqu'à ce que mon homme vienne me chercher... À travers mes larmes, je vois un homme qui passe près de moi avec un sac rempli de trucs pour bébé, qui me regarde avec tristesse...

On fait le trajet dans le silence et les pleurs... Rendus à la maison mon homme rentre en premier pour aller mettre Nemo dehors pour ne pas qu'il me saute dessus. Je rentre en marchant lentement... en fait j'ai l'impression que tout est lent... mes mouvements, mes pensées, ma démarche...

On est chez nous... seuls tous les deux (trois avec Némo)... la bedaine vide, le coeur en deuil et l'impression que plus rien n'a de sens... nous sommes vides, complètement vide...


26 commentaires:

Nymphea a dit…

Je viens de lire l'intégralité de ton récit. J'ai le coeur en miette... le coeur qui revit un cauchemar avec vous. J'ai aussi passé au travers cette gamme d'émotion des plus violente pas de façon identique mais le résultat en fut le même.
Je n'ai pas de mot pour vous réconforter, je ne pense pas qu'il existe un tel mot.

Je pense à vous très souvent
Xxx

Geneviève a dit…

Toutes mes pensées sont avec toi ma belle Geneviève... Je crois que tu as bien fait de coucher tes émotions sur papier. Les mots nous aident beaucoup plus que l'on peut le croire à passer au travers nos émotions, nos épreuves. Courage. XX

Kim Larivière a dit…

Je viens aussi de finir de lire ton récit ma belle.. C'est tellement touchant.

C'est vraiment un cauchemar, je n'ai pas de mot non plus et je n'ai que des larmes à t'offrir... Je pense à toi, ton conjoint et ta famille...

Je suis certaine que tes princesses veilles sur toi; c'est aussi ce que je me dis pour mon bébé perdu.

Prends soin de vous et si tu veux parler n'hésite pas surtout.

KLdezign

Vero a dit…

je vous envoie mes plus belles pensées. Dans ses moments là, je crois qu'il n'y a aucun mots assez forts qui apaisera votre peine. J'ai pleuré en lisant votre histoire. aucun parent ne devrait vivre ça. :(

Guylaine a dit…

salut!
ouf que de souvenirs tu fais remonter en moi... je suis au bureau, j'ai lu p-ê le quart et je vais revenir plus tard lire le reste
je suis de tout coeur avec toi ma belle.

Jo-bine a dit…

Je viens moi aussi de lire ton récit en entier et c'est très touchant. Je suis tellement désolée.
La photo est magnifique. Vous êtes si belles toute les trois.
Toutes mes pensées sont vers vous et je vous donne plein d'énergie pour passer à travers les moments difficiles. Vous êtes des parents extraodinaires.
Prenez soin de vous.

Kathia a dit…

Ya tellement pas de mots qu'on puisse dire pour vous réconforter....

Je pense beaucoup a vous.... Vos princesses veillent sur vous...

xxxx

Amé a dit…

C'est avec les yeux tout rouges et baigné de larmes que je viens de terminé ton histoire... Je pense régulièrement à vous depuis que j'ai su que tes 2 princesses étaient partis... Je n'ai rien de super intelligent à dire, mais je suis de tout coeur avec vous.

Prenez soin de vous...
xxx

Caterine a dit…

ah mon dieu j,ai tout lu et je pleure tellement.......mais tellement...je ne te connais pas douce maman.....mais je suis maman et j'imagines ta douleur....je t'envoie paix, douceur et courage pour la suite....... câlins xxxxxx

Mel a dit…

Comme je suis sans mot, je vais seulement te souhaiter que tu puisses retrouver le bonheur. Gros calins.

Mandarine a dit…

Je suis tellement triste pour vous 2. Ton récit est poignant d'émotions, de cruauté et de douleur...
Je vous souhaite une douce guérison...
xxx

Karine a dit…

Je suis complètement renversée... toute cette peine , cette douleur...J'aurais voulu vous libérer tellement j'étais triste pour vous...

Je ne peux que vous envoyer mes meilleurs pensées pour le futur et mes plus sincère sympathies pour tes deux belles puces...

courage...

Sincèrement...Karine

Anonyme a dit…

J'ai lu votre histoire et je suis complètement boulversée... j'ai du reprendre la lecture par 4 ou 5 fois tellement j'avais la gorge nouée..

La vie est tellement injuste et ingrate par moment... Y a pas de mot pour expliquer une situation comme celle là....

Prenez-soin de vous deux, que vos princesses veillent sur vous...

Je suis vraiment touchée par ce qui vous arrive... La photo que tu nous a présenté est vraiment très belle, merci de nous la partager...

Mes plus sincères sympaties et courage dans cette epreuve...

Nancy

xxx

Elisabeth a dit…

Je ne sais honnêtement pas quoi écrire...mais votre histoire me touche au plus profond du coeur...je pleure avec vous.

Que Pénéloppe et Elyzabeth veillent sur vous.

Bisouilles
Elisabeth XxX

Annick a dit…

je ne te connais pas pas mais je tiens à te dire que mes pensées sont avec vous.j'ai du prendre 1 heure pour lire le texte tant que j'ai braillée.la photo est tellement tendre et douce.c'est affreux ce qui vous arrive ,je suis vraiment sans mots.+++++++

Anonyme a dit…

Je viens de lire votre histoire... je n'ai pas de mots, je me doute aussi qu'il n'y a pas de mots assez beau présentement pour soulager votre douleur.
Mes pensées sont avec vous

Madili

Anonyme a dit…

Je viens de lire ton histoire (via le site de l'APJTM) et je suis de tout cœur avec toi, aucun mot ne peut définir ce qui vient de se passer. Je pense bien fort à toi et ton conjoint.
Courage et prenez soin de vous 2
Elo

Nani a dit…

Chère Geneviève, j'en tremble tellement tout cela me rappelle de mauvais souvenir du mois de mai dernier. Une collègue du travail m'a raconter ton histoire car elle connaissait la mienne et elle m'a donné l'adresse de ton blog... (je crois que quelqu'un dans l'entourage de son conjoint te connait). Jusqu'à maintenant je n'avais aucune idée jusqu'à quel point elle avait raison en disant que nous avions vécu les mêmes choses. À 21 semaines de grossesse nous avons perdu Laurie et Alicia. Ma douleur est tellement encore grande mais lire ton histoire me fais croire que je ne suis pas seule et ça me fait un petit bâume sur mon coeur meurtri. J'aimerais beaucoup échanger avec toi car je crois que nous avons vraiment passé par les mêmes émotions. Si tu le veux bien récris moi et je t'expliquerai mon histoire. Si ca ne te tente pas je comprendrai car moi jusqu'à récemment j'avais beaucoup de difficulté à en parlé. Mais je crois sincèrement que ca nous fera du bien. N'hésite pas !!!

Douxcalinou a dit…

Nani, j'aimerais beaucoup échanger avec toi, mais je ne sais pas comment t'écrire ? Comment puis-je te rejoindre ? J'espère que tu verras ce message !!!

Nani a dit…

Rebonjour, oups voici mon courriel : stefanie.bouchard@hotmail.com

En attendant de tes nouvelles, je vous envoies pleins d'ondes positives ! :)

p'tibout a dit…

j'aurais aimé être la dernière à vivre ce genre de chose .... c'est insupportable ce que nous avons vécu. Je pense bien fort à toi et tes 2 petits anges qui ont rejoint le mien. Bizz

doudeline a dit…

Je pleure à chaudes larmes... Je ne connaissait pas votre histoire, mais je dois vous dire que j'aurai toujours une petite pensée pour vous et vos 2 petites princesses...
Je vous souhaite force, courage et amour!
Sincèrement,
Kym

Marie-Eve a dit…

On ne se connait pas mais je suis tombée par hasard sur ton blogue. Ce que j'y ai lu m'a énormément émue car j'ai vécu exactement la même chose mardi passé. J'ai perdu mes 2 petites puces en accouchant à 22 semaines et demi.

Je comprends ta douleur et j'espère que tu te porte un peu mieux. Tu as presque décrit mon histoire, à quelques nuances près.

Je suis convaincu que rien n'arrive pour rien dans la vie, malgré la douleur. Et j'essaie de me consoler en me disant qu'il manquait d'anges dans le ciel! Que j'ai fait ma contribution au ciel et maintenant j'ai 2 anges à moi qui prendront soin de moi et des miens pour le restant de ma vie. Et je les retrouverai lorsque je traverserai de l'autre côté. En attendant, elles resteront gravés dans ma mémoire et dans mon coeur.

Bon courage ma chère. Je te souhaite sincèrement beaucoup de bonheur dans ta vie. Et surtout, une super belle grossesse pour la prochaine fois!

Courage, après la pluie, le beau temps.

Anonyme a dit…

Je viens tout juste de lire ton blog et mon coeur en est brisé. Je sais qu'aucune mots peuvent effacer ta peine et j'en suis si désolée. Cela fait 5 ans qu'on essait de tomber enceinte et seulement 3 mois que nous savons les raisons de notre infertilité mais nous n'avons pas encore commencer de traitements. En lisant tes autres blogs, je vois que nous allons devoir suivre vos pas et je me demande si j'en ai le courage. Pour une raison encore inconnue, je n'arrive pas a commencer les traitements, je reste bloquée, et meme si je sais que ca n'arrivera pas comme par magie, j'ai cette petite lueure d'espoir tous les mois, suivi de peine et d'amertume a l'arrivée de mes menstruations...Je ne sais pas pourquoi je t'en parles quand tu as du voir de toutes les couleurs cette derniere année...J'espere au moins que le temps a fait un peu son travail et vous a permit de vous retablir un peu. Je te souhaite beaucoup de chance dans ce vous entreprendrez, vous le meritez bien.

couzin2000 a dit…

Bonjour à vous deux,
En tant que papa qui a perdu un bébé et a été obligé d'interrompre une grossesse, je peux vous dire que je comprends très bien ce par quoi vous passez. Moi et mon épouse avons plusieurs amies qui n'ont pu aussi mener leurs grossesses à terme, en dépit de la in vitro qui avait été réussie. Les efforts pour se rendre là, les problèmes de santé qui en découlent, les sacrifices faits pour enfin pouvoir vivre le bonheur, et qu'il nous soit volé... C'est tout à fait injuste.
Je peix vous dire par contre, que ce n'est qu'en ressayant que nous finissons tous par voir le sens de nos efforts prendre forme. C'est pourquoi je peux aujourd'hi dire que j'ai un fils qui est en parfaite santé. Que la joie qu'il nous apporte est sans bornes. Et c'est pourquoi je vous encourage avec tout mon coeur, bien qu'il soit meurtri par votre triste histoire, à recommencer. À essayer de nouveau. Ce n'est que là que tous les efforts et les sacrifices prendront leur signification.

Ne vous lâchez surtout pas, serrez-vous dans les bras l'un de l'autre, prenez votre temps ensemble, et éventuellement... ;-)

Que vos deux petites anges veillent sur vous!

Anonyme a dit…

Je tiens à vous dire que je suis très touché par votre récit et je suis de tout cœur avec vous car je me suis Bcp retrouver dans tous ce que vous avez décrit parce que moi aussi je suis passée par la et j'ai fais une fausse couche à 20 semaine de grossesse après des mois de souffrances et au final Comme je dis souvent: la maternité est censé être un endroit de bonheur, et quand on vient c'est pour repartir avec un ange mais moi je suis reparti vide dans tout les sens de terme. Aujourd'hui j'ai fais mon deuil et je vous souhaite de même ainsi qu'une prochaine heureuse grossesse